![]() |
|
| CAS DE MICHELE TRAITEE EN SOPHROLOGIE Par Judith Micallef - Attali Après plusieurs mues, il sort finalement de l'eau vaseuse et se hisse au sommet d'un roseau ou d'un arbre. Sa dernière mue le fait devenir ce qu'il doit être : une superbe libellule au long corps, mince, délicat et aux ailes irisées. Elle respire alors à pleins poumons, vole de ses propres ailes et perçoit la chaleur du soleil. Ce précieux animal naît de la larve la plus hideuse, c'est Michèle 44 ans, boulimique se faisant vomir depuis l'âge de 17 ans. 3 heures d'anamnèse, écoute à la fois attentive et active, ont été nécessaires pour identifier les facteurs de responsabilité de sa boulimie. Afin qu'aucune zone d'ombre ne subsiste, une lettre de 10 pages à la mère (brûlée symboliquement en fin de thérapie) est venue, dans le mois qui a suivi, compléter le tableau. Entre la période de gestation et son bac, jour où elle a quitté le domicile maternel, elle aura tout eu : abandon, peurs, terreurs, violences, punitions, frustrations, trahisons. Enfant non désirée, la mère a refusé de la voir pendant 3 jours, elle n'aimait pas les filles ! Parents divorcés, garde confiée à la mère comme il était d'usage à l'époque. Remariage, beau - père adorable mais à qui on interdisait tout élan de tendresse à coup de phrase assassine "ne t'occupe pas d'elle, ce n'est pas ta fille". Enfant martyre, rien ne lui a été épargné par cette mère hystérique : martinet, coups de chaussures sur la tête, gifles, tâches ménagères excessives dès le plus jeune âge. Et si elle lui quémandait un baiser, la réponse restait invariable : "je n'ai pas le temps". A 10 ans "maman est ce que tu m'aimes?" "je préfère tes frères". A 15ans "dès que tu auras ton bac tu partiras !" A 20 ans "quitte à avoir une fille, je l'aurai voulue petite et menue". Et la cerise sur gâteau : le décès de son mari, père de son jeune enfant, foudroyé par une méningite. Deuil non fait. C'est dans l'urgence qu'il m'a fallu accompagner cet enfant intérieur blessé afin qu'il défasse les nœuds psychiques à l'origine de sa culpabilité d'exister et des troubles du comportement alimentaire associés. -Vous êtes à plus de 500 km de Paris et votre cas exige un long travail, très régulier ... -Je vais prendre un abonnement et faire l'aller-retour en TGV dans la journée, une fois par semaine. -Surtout n'essayez pas de contrôler votre boulimie, cela ne servira qu'à en aggraver les symptômes ! Etonnée par cette "injonction paradoxale" elle me fit remarquer qu'aucun thérapeute ne lui avait tenu un tel discours auparavant. -Si vous étiez capable de la contrôler sans travailler sur les causes, vous ne seriez pas ici aujourd'hui ! Vos symptômes vont s'espacer, diminuer d'ampleur puis disparaître, sans aucune intervention consciente de votre part. Sa thérapie a duré un an. Au fil des semaines, son travail personnel aidant, nous avons commencé à percevoir des vibrations positives autorisant tout espoir de "résilience" : processus de réparation de soi basé sur les notions actives de compréhension, prise en charge personnelle, autonomie par rupture des dépendances. En alliance sophronique, nous avons commencé notre travail au stade embryonnaire car, dès la septième semaine de gestation le fœtus capte les émotions négatives de la mère et est capable de refoulement. Nous sommes entrées en résonance avec l'enfant intérieur blessé, humilié, soumis à un regard maternel meurtrier. Nous avons créé un laboratoire mental pour entrer en connexion avec ce haut lieu de nous même, l'inconscient, siège pulsionnel du refoulement. Nous y avons convoqué la mère, nous avons reproché, tempêté, hurlé et, à chaque séance, coup de poignard, mâchoires crispées, gorge serrée, plexus contracté, pleurs, cris... passage obligé, non pas pour un "mieux-être" mais pour un "plus- être" qui se terminait… dans mes bras. En réactivant de saines colères elle a réussi à se délivrer de sa dette de haine. En interrogeant l'inconscient, en creusant, en fouillant comme un archéologue nous avons mis à jour ces émotions perdues et qui nous perdent s'il n'y a pas prise de conscience, une fois pour toutes, que l'insu est bien plus fort que le su ! Ainsi, semaine après semaine elle est entrée dans un processus d'arrêt de la victimisation. Terminés les "pourquoi moi" les "comment a t - elle pu me faire ça à moi sa fille" mantras préférés de ceux qui se complaisent dans leur rôle de victime pour justifier les comportements autodestructeurs dont ils n'ont pu se défaire malgré des années de thérapie au cours desquelles, par élaboration purement verbale, on n'a fait que leur donner un os à ronger ! Le cerveau gauche enregistre les messages verbaux alors que le droit enregistre les messages visuels. Ce n'est donc que grâce aux images que l'on donne à la psyché la possibilité de se vider des énergies négatives mobilisées pour établir les symptômes. C'est le but du laboratoire. L'investissement personnel a été très important compte tenu du sérieux avec lequel ma patiente a décidé de s'investir. Je n'ai jamais hésité à la recevoir le samedi ou le dimanche quand ses obligations professionnelles, très importantes, l'empêchaient de venir en semaine. Mais quel bonheur à l'annonce des crises qui s'espacent ou diminuent d'ampleur ! En entrant dans un processus l'ayant débarrassée de toute les inter-influences négatives, elle a reconnecté ses fréquences énergétiques, sans crainte du jugement et de la critique, l'image de soi dégradée par la mère ayant été restaurée. Le tout en mettant de la distance entre elle et les évènements, avec de nouvelles stratégies afin qu'elle ne subisse plus sa vie mais qu'elle la transcende. Quelle indicible joie lorsqu' en fin de thérapie, elle a reconnu dans l'offense qui lui a été faite l'expression de la souffrance de la mère, souffrance liée de toute évidence à un passé non périmé. Michèle est entrée dans la dimension du pardon aidée par des formules intentionnelles positives intégrées en alpha : "bas les masques des passions négatives qui oppriment, je pardonne" ou "en pardonnant je rafle la victoire finale car le pardon est le seul antibiotique contre les bactéries de la haine et de la vengeance" ou "je suis prête à présent à substituer aux ressentiments les sentiments", ect... Après une période de solitude, provisoire mais indispensable à l'établissement d'une communication à l'autre juste, en puisant dans ce terrain solitaire force, détermination, grâce à la dignité retrouvée, la superbe libellule est guérie depuis maintenant 2 ans. Le deuil du mari fait et elle à rencontré l'amour, celui d'un homme, bien sûr, mais également celui de sa mère qui, probablement assaillie par les remords en fin de vie, essaye de se racheter. Nous continuons à nous voir de temps en temps pour un dîner. Michèle vole aujourd'hui de ses propres ailes, respire à pleins poumons et perçoit la chaleur du soleil. Son triomphe lui appartient exclusivement, je n'ai été qu'un guide, elle n'était qu'une heure avec moi mais… 167 avec son moi ! Bravo Michèle, que ta victoire, ton appétit à vivre, fruit de ton intelligence et de ton travail personnel, soit un exemple pour ceux qui désespèrent et portent leur boulimie, leur anorexie ou leur obésité massive comme un fardeau dont le poids est proportionnel à leurs carences et chocs affectifs. Vous serez libres, en vérité, non pas lorsque vos jours seront sans souci et vos nuits sans un désir et sans peine, mais plutôt lorsque les choses enserreront votre vie et que vous vous élèverez au- dessus d'elles, nu et sans entraves. Khalil Gibran Le prophète PS: Aujourd'hui, le cher poète, aurait ajouté, grâce à la sophrologie évolutive d'André Daprey ! Judith, l'Amie-callef |