La sophrologie et les aînés 

 Au cours d’une réunion des présidents d’association organisée par les élus de ma commune et dont je fais partie, j’ai rencontré Francine la responsable du club des aînés. Je leur ai proposé d’organiser pour les adhérents du club des séances de relaxation et c’est ainsi que notre histoire a débuté.
Un petit groupe de 7 personnes se retrouve tous les vendredis soir au local du club St Martin.
Lorsque j’ai commencé les premières séances, je ressentais une certaine appréhension car je partais à la découverte d’un milieu que je ne connaissais pas très bien : comment adapter les séances ? quelle durée pratiquer ? quelle message faire passer ?
Mais je sais aussi que derrière cette préparation matérielle se cachent des êtres humains de toute beauté.
Je faisais confiance à ma petite voix intérieure qui me disait « tu as tout à découvrir alors laisse le voile se lever, regarde puis écoute ». je ressentais une force intérieure qui me poussait à aller à leur rencontre. J’ai suivi mon intuition et j’ai laissé parler mon coeur.
A chaque rencontre, notre amitié se renforce et j’éprouve un formidable élan qui me pousse à les connaître davantage et à les découvrir chaque jour un peu plus. Je sens qu’au travers de leur vécu, des interrogations m’interpellent, des questions se posent, des réponses m’apparaissent et j’avance moi—même dans mon propre travail intérieur.
Nous cheminons ensemble sans savoir qui est le guide mais qu’importe. Elles m’apportent autant sinon plus que ce que je suis capable de leur donner. Tout d’abord méfiantes, secrètes, puis drôles, enjouées, parfois graves, pensives, nostalgiques ou tristes, elles se dévoilent pudiquement au fil du temps et c’est avec une très grande humilité que je découvre une facette de leur vécu. Elles ont cette faculté de me faire toucher du doigt, de me faire glisser dans leur vie intime au travers d’une anecdote, d’une petite phrase où les mots sont justes et pleins de sens.
A ce moment là la puissance du verbe prend toute sa valeur. Elles savent éclater de rire, rire d’elles—mêmes, de leur mésaventure et je sens en elles le petit enfant qui les habite. Au sein du groupe le mot VIE prend toute sa valeur, vie profonde, vie d’amour, vie de souffrance, la vie, une vie, des vies, vie intérieure...
Je suis très sensible aux pensées qu’elles expriment, aux souvenirs qu’elles acceptent de laisser remonter au fil du temps, à leurs émotions, à leur spontanéité et je leur dis merci.
Toute cette complicité qui nous unit ne nous fait pas oublier le travail commencé ensemble depuis le mois de septembre et les résultats sont très encourageants : Nervosité dissipée, calme retrouvé, sieste oubliée, idées sombres envolées et sérénité retrouvée.
Je m’interroge sur ce lien qui se tisse entre nous ? Qu’est ce me pousse à éprouver tant de plaisir à leur côté ? Je n’ai pas trouvé de réponse cependant je pense que tout commence avec l’amour que l’on donne et continue avec l’amour que l’on reçoit. J’apprécie ce moment passé ensemble où nous vivons pleinement l’instant présent. Je m’enrichis de leur sagesse, de leur expérience et je récolte des fruits d’une saveur inestimable.  

Dominique Couffrant