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| Karim, un jeune des cités, et la sophrologie Il est éboueur-stagiaire depuis mai à la ville de Paris et son travail lui plaît car il est dehors, indépendant et c’est physique . En plus il est protégé par l’uniforme vert. Il est bien noté par ses chefs et devrait être titularisé en mai 2003. D’emblée, au premier contact, il se sent en confiance et cela l’étonne d’avoir fait cette démarche de voir quelqu’un comme moi (d’ailleurs, personne ne le sait). A la première relaxation, il ressent des mouvements impossibles à décrire avec des mots dans son corps et me demandera s’il est possible d’enregistrer la fois suivante. Il est très motivé. Au fil des séances, nous communiquons beaucoup (comme s’il trouvait enfin quelqu’un avec qui partager ses façons de penser, de voir la vie) et dans ces échanges, son assurance augmente rapidement. Il a beaucoup d’idées, sur la politique, la religion, la société, mais il est très marqué par son expérience de la cité. Il se sent trop lié, il y a trop souffert et cela laisse des traces. Il s’est forgé l’idée que quand il remonte la pente, il retombe avant d’arriver au but. Peut-être l’ont-t-ils envoûté ? Sinon pourquoi tous ces échecs ?, (dit-il) Et là, pendant l’induction, c’est comme si quelque chose de froid était sorti de lui, très vite. La semaine suivante, il m’indique que le regard des autres ne lui pose plus de problème avant, il en avait peur. Sa perception, son image de lui-même, s’améliore. D’ailleurs, après que je lui ai fait observer sa façon de se tenir (il se tenait « comme eux ») il s’est redressé et ne s’est plus fait contrôler dans le métro ! Sa mère l’a trouvé grandi. Il ne « fonce » plus, est moins stressé, et lui qui se pulvérisait à longueur de temps du produit contre son asthme, ne le fait plus qu’occasionnellement alors que nous n’avons fait aucune séance spécifique en raison de ses autres priorités. ...suite |